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jauneyris

Les passions de Jauneyris : la dentelle, de la dentelle dite "Torchon", en passant par la    dentelle Cluny, La Danoise et la dentelle de  Bayeux; la broderie traditionnelle et au point compté; la tapisserie à l'aiguille,la lecture, la poésie, le jardinage et la cuisine.

poésie

Vendredi 22 février 2008
L'aube est soûle  de merles.
Le  ciel est plein de pâquerettes,
Et je  suis si  heureux,
A la fenêtre grande ouverte,
Que l'on peut  voir les  jardins bleus
S'éveiller  dans mes yeux.

Maurice Carême   Pigeon Vole
Par jauneyris
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Vendredi 25 janvier 2008
Anémone

Ce n'est qu'une anémone, images.jpg
Un peu d'avril en fleur,
Un souvenir d'automne
Qui a repris couleur,
Ce n'est qu'une anémone
Dans le matin en pleurs,
Mais mon coeur te la donne
Comme à la Chandeleur
Chandelle de bonheur.

    Maurice Carême  (Pigeon Vole)

La photo que je ne vois pas sur mon ordi  provient de www.fond-ecran-image.com
Par jauneyris
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Vendredi 11 janvier 2008

La ballade des pendus

Frères humains qui après nous vivez P1000040.JPG
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous merci.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six:
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéca devorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De nostre mal personne ne s'en rie:
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Si frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas le sens rassis.
Excusez nous, puis que sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre
Nous sommes morts, âme ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis:
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ça, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Prince Jésus, qui sur tous a maitrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie:
A lui n'avons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

 

François Villon  in  Jean Teulé Je, François Villon éd Julliard, Paris,  2006
Par jauneyris
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Vendredi 4 janvier 2008

                                        La Saponaire


Petite saponaire
En robe de mariée
Danse dans la  lumière
Comme  un  frelon nacré,

Danse dans la lumière
Sous l'oeil émerveillé
Des aulnes inclinés
Au bord de la rivière

Sous l'oeil émerveillé
Des poissons regrettant
De ne pouvoir sauter
Hors des flots par milliers,
De ne pouvoir  sauter
Comme la saponaire
Dans la belle lumière
De cette aube d'été
                                       
                                       Maurice  Carême

à noter :cette  photo provient du site www.fleurs-acadie.com

Par jauneyris
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Samedi 29 décembre 2007
Petits métiers

Petits métiers,
Outils charmants:
Ciseaux d'argent,
Aiguille et dé.

Les doigts, les coudes
Comme enchantés;
Un monde à coudre
Au fil de fée!

Petits métiers
Où vont jasant
Aiguille et dé,
Ciseaux d'argent.

Fleurs à broder,
Etoiles frêles,
Oiseaux dorés,
Coeurs de dentelles.

Petits métiers
Aux noms si francs,
Ciseaux d'argent,
Aiguille et dé.

Ah! que de rêves
Exquisement
Piqués en blanc
Au chant des lèvres!

Doux bleu Nattier,
Soie de Nemours,
Petits métiers
Au point d'amour!

Maurice Carême (Pigeon Vole)
Par jauneyris
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Samedi 29 décembre 2007
La coccinelle

Je ris dans les bluets,
Je mange dans les lis,
Je lis dans les oeillets,
Je bois dans les narcisses.
Et, couchée dans les citronnelles,
Je rêve si longtemps de bleu,
Moi, la petite coccinelle,
Que je deviens bête à bon Dieu.

Maurice Carême (Pigeon Vole)
Par jauneyris
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Samedi 29 décembre 2007
Il pleut doucement sur la ville
Arthur Rimbaut

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur?

O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits!
Pour un coeur qui s'ennuie
O le chant de la pluie!

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi! nulle trahison?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine!

Paul Verlaine (romances sans paroles)
Par jauneyris
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Vendredi 28 décembre 2007
Chanson d'Automne

Les sanglots longs
Des violons
        De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
           Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
       Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
       Et je pleure;
Et je m'en vais
Au vent mauvais
       Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
       Feuille morte.

Paul Verlaine  (Poèmes Saturniens)
Par jauneyris
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Vendredi 28 décembre 2007
Gare du Nord

Mais que font les trains dans les gares
Depuis qu'on ferre  les chemins?
Dans les gares, les trains rêvent
Et tous ces rêves de tant de trains
Emplissent l'air dans les gares,
Autour des gares et parfois loin.

Que font les humains dans les gares?
Ils consultent en courant les horaires de l'amour
Qui les attendait, qui les attend,
De l'amour qui les attendra.
Ils font rêver les trains
Et vibrer l'air dans les gares,
Autour des gares et parfois loin.

Francis Danemark  Une fraction d'éternité (Le Castor Astral, 2005)


Par jauneyris
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Vendredi 28 décembre 2007
Après trois ans

Ayant poussé la porte étroite  qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé. J'ai tout revu: l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouvé debout la Vélléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

Paul Verlaine  (Poèmes Saturniens)

Par jauneyris
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