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dentelle-broderie-tricot-cuisine-jardinage et questions environnementales de Jauneyris

choisir des œufs bio, plein air et autres : comprendre ce qui se cache derrière les codes, les labels et les étiquetages pour être un consommateur averti (troisième partie et fin de l'article)

27 Février 2013 , Rédigé par jauneyris Publié dans #environnement

Les poulettes commencent à pondre entre la 18ème et la 20ème semaine et leur vie est terminée à partir de la 48ème semaine mais peut aller jusqu’à 65ème  semaine en élevage bio.

80% des poules pondeuses sont élevées en cage.

Une poule pond en moyenne 300 œufs par an qui correspond à son espérance de vie puisque ensuite elle est abattue. En filière bio certaines variétés de poule exemple Marans pures races pondent 170 à 180 œufs/an ce type de poule est plus autonome sur le plan alimentaire.

Remarque : nous sommes loin, même en élevage bio, des représentations que je me faisais et que les photos sur les emballages nous suggèrent !!

Pourquoi 16h de luminosité par jour ? : les poules pondent beaucoup plus quand les journées sont longues que lorsqu’elles sont courtes, donc en élevage, la lumière est allumée pour qu'elles pensent être en été et qu’elles pondent tout le temps au maximum.

Une poule, comme celles de ma grand-mère, peut vivre selon la race de 5 à 13 ans, il est vrai qu’avec le temps elles pondent de moins en moins ! Par ailleurs des paysans de ma connaissance conseillent 10m2 d’espace en plein air par poule, on est loin des 4m2 de l’élevage bio et ne parlons des poules en cage !!!

Sur le sujet de la durée d’accès au plein air des poules, les textes sont évasifs, «Les volailles ont accès à un espace de plein air pendant au moins un tiers de leur vie ».  Si je calcule bien en me basant sur une poule qui commencerait à sortir en plein air à partir de la 25ème semaine et qui aurait une espérance de vie de 60 semaines (je prends très large !!) elle a accès au parcours plein pendant un maximum de 8h/jour entre la 25ème et la 60ème semaine

 

Qu’en est-il des soins vétérinaires ? Les poules peuvent être-t-elles mises sous antibiotiques ?

Une poule comme tout autre animal peut tomber malade, la promiscuité du fait du nombre de volatiles dans les élevages peut favoriser le développement de maladies. En élevage bio, là où les normes sont les plus strictes, des mesures préventives sont préconisées pour les éviter. Voici ce qui autorisé : 

« En dehors des vaccinations, des traitements antiparasitaires et des plans d’éradication

obligatoires, une poule peut recevoir au maximum 3 traitements par an à base de médicaments vétérinaires allopathiques chimiques de synthèse ou d’antibiotiques ».

Dans ce cas pendant 48h au minimum les œufs pondus ne peuvent être vendu.

 

Mais revenons aux éléments qui doivent apparaître sur l’emballage, voici les directives selon les  Normes CEE-ONU EGG-1

« Les emballages destinés au consommateur final doivent porter sur la face extérieure de manière facilement visible et clairement lisible les indications ci-après:

a)  Pays d’origine;

b) Code du producteur;

c) Code du centre d’emballage;

d) Catégorie de qualité; les emballages doivent être identifiés par la mention «catégorie

     A» ou la lettre «A», associée ou non au mot «frais»;

e) Nombre d’œufs dans l’emballage;

f) Catégorie de poids;

g) Date ou période de ponte;

h) Date limite de vente;

i) Date limite d’utilisation optimale (durabilité minimale) apposée au moment de

     l’emballage;

j) Mode d’élevage;

k) Conditions particulières d’entreposage, par exemple indication à l’intention des

    consommateurs de garder les œufs au réfrigérateur après l’achat.

La date de ponte peut être notée comme indication supplémentaire de qualité sur les emballages d’œufs de la catégorie A.

Ces emballages doivent être fermés hermétiquement au moyen d’une bande portant la mention «Extra» ou «Extra frais». La bande doit être enlevée neuf jours après la date de la ponte et ne doit cacher aucune des indications ni les rendre illisibles au moment de l’ouverture de l’emballage. L’importateur peut approuver d’autres méthodes de fermeture afin de préserver l’intégrité de l’emballage.

l) La signification du code du producteur doit être expliquée sur la face extérieure ou intérieure de l’emballage de transport et de l’emballage destiné au consommateur final

m)  L’emballage, y compris l’emballage destiné au consommateur final, doit être dans un matériau résistant aux chocs, sec, propre et en bon état, et il doit être de nature à protéger les œufs des odeurs étrangères et du risque de détérioration au regard de divers paramètres de la qualité. » 

 

Nous avons abordé quasiment tous les éléments devant être présent sur la boite d’œufs, mais revenons à la signification du code du producteur : en fait seul une petite explication existe concernant uniquement le mode d’élevage.

 

Arrêtons nous un instant sur le code du centre d’emballage.

 cf liste des centres d’emballage sur le site du ministère de l’agriculture… http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/listecentreemballage_100608.pdf

En fait je me suis aperçue que mes œufs bio que j’achète dans le centre Leclerc près de chez moi, avaient voyagé !! En effet ils sont produits  en Bretagne et vont en Champagne-Ardennes  à Esternay (Marne) pour être emballés par le centre d’emballage CDPO. Je pense que l’on peut faire plus près !! On comprend aussi pourquoi les œufs ne seront jamais vendus en extra frais du fait de ces transports.

Ces centres d’emballage traitent un nombre incroyable d’œufs, ils renseignent, sur les emballages allant aux consommateurs, les informations que nous venons de voir. Mais ils reçoivent des œufs des différentes filières, espérons qu’il n’y ait pas d’erreur !!!

Avant de quitter le site de production, les œufs sont mis dans des conteneurs, chacun d’eux est identifié par le nom, l'adresse et le numéro distinctif du producteur, le nombre d'œufs et/ou leur poids, le jour ou la période de ponte, la date d'expédition. Seuls les centres d’emballage, après agrément, peuvent classer, emballer les œufs et étiqueter les emballages.

Par exemple (chiffres du 22 mars 2012), l’entreprise CDPO, basée à Esternay dans la Marne, commercialise près de 800 millions d’œufs par an dont un peu plus de la moitié en cage et le reste en productions alternatives : 23 % de plein air, 12 % de bio, 6 % en label rouge et 3 % au sol.

 

Interrogeons nous sur la qualité nutritionnelle de l’œuf : y-a-t-il une différence selon qu’il s’agisse d’œufs de poules élevées en cage ou de poules bio ?

Pour l’Afssa (Agence de sécurité sanitaire des aliments) « …rien ne permet de dégager de différences significatives entre les deux laits. La même analyse a été appliquée à l'œuf, pour une conclusion semblable. »

Dans une de ses newsletter en juin 2009 Bioaddict.fr  fait état de quelques différences qui selon les études menées seraient plus en relation avec l’alimentation mais que le mode d’élevage n’aurait pas de réelles incidences sur la valeur nutritive de l’œuf.

Bioaddict.fr qui « reprend le rapport de l’Afssa, souligne que la teneur en macro-éléments minéraux de l'oeuf est peu variable. Cependant, la teneur en certains oligo-éléments (iode, sélénium) présente des coefficients de variation élevés, essentiellement liés à l'alimentation, et non au système d'élevage (claustration ou parcours extérieur) ». Bioaddict note que « l'influence de l'alimentation de la poule pondeuse n'affecte pas la composition des constituants majeurs de l'oeuf (lipides, protéines) mais affecte le profil des acides gras. Les oeufs bio contiennent donc des acides gras de meilleure qualité et sont plus riches en oméga 3 mais " il est peu probable que le mode de production biologique ait des conséquences notables sur la valeur nutritive de l'oeuf ". »

Alors pourquoi les œufs bio ont-ils le vent en poupe ? Comme moi nous sommes nombreux à vouloir consommer bio, les représentations associées à bio nous renvoient en partie à l’image des poules de nos grands-mères, mais comme me le disait un vendeur sur le marché « c’est fini les œufs, les poules de nos grands-mères, à moins qu’on le fasse pour soi !! Maintenant il n’y a que des gros élevages ».

Je constate en regardant autour de moi que d’aucuns sont tentés dès qu’ils ont un jardin qui le permet d’avoir une ou deux poules pour avoir des œufs ultra frais, de bonne qualité,  des poules qui permettent aussi de recycler les déchets de cuisine, des poules qui ne sont pas stressées, qui ont de l’espace… D’ailleurs il est apparu sur le marché des poulaillers de jardin, des poulaillers de balcon… Il suffit de regarder sur le web, il existe de  nombreux modèles !

 

En conclusion, je continuerai à acheter des œufs bio, je n’achèterai plus mes œufs au marché,  sauf si je constate que le code  de l’œuf  correspond bien à une production locale et que j’ai affaire au producteur (code : 0FR N° du département et n° d’identification du producteur).

Pourquoi me direz vous acheter du bio s’il n’y a pas de réelles différences nutritionnelles ?

Parce que :

-  je n’ai pas trouvé la preuve de l’absence de trace des thérapeutiques ou autres substances utilisées dans l’élevage des poules et comme en élevage bio les traitements sont nettement plus limités je peux espérer qu’il y ait moins de résidus des traitements.

-  l’alimentation des poules est, me semble-t-il, de meilleure qualité

-  les poules  méritent de vivre dans un environnement moins stressant, plus vivable

- je préfère favoriser les élevages moins grands

- et aider les agriculteurs- éleveurs qui font un choix plus respectueux de l’environnement.

 

Toutefois les œufs catégorie plein air me conviennent quand même les différences entre l’élevage bio (0) et plein air (1) n’étant pas si grandes.

 

Principales sources documentaires

- NORME CEE-ONU EGG-1 concernant la certification et le contrôle de la qualité commerciale des œufs en coquille  édition 2010

draaf.rhone-alpes.agriculture.gouv.fr/.: Information réglementaire sur la production et la commercialisation des produits d’origine animale fiche n°3 Producteurs d’œufs de consommation

- Note de service DGAL/SDSSA/SDSPA/N2006-8004 du 4 janvier 2006 Direction générale de l’alimentation.Ministère de l’Agriculture et e la Pêche 

- http://www.bretagne.synagri.com

- http://www.aveyron-bio.fr

- Arrêté du 10 octobre 2012 – JORF du 18 octobre 2012 INAO 12, Rue  Henri Rol-Tanguy TSA 3000393555 Montreuil-sous-Bois Cedex France www.inao.gouv.fr

- http://www.itab.asso.fr  Cahier technique Produire des œufs biologiques en AB

- http://pmaf.org/pdf/labels/fiche_poules.pdf

- http://ec.europa.eu  Europa : santé et bien-être des animaux

- directive 1999/74/CE du Conseil de l’Union Européenne

- http://www.ecocert.fr

- http://www.aveyron-bio.fr/fr/produisez-bio/documents/fiche-poules-pondeuses2010.pdf

- http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/listecentreemballage_100608.pdf

- http://www.sarthe.gouv.fr/IMG/pdf/notice_oeufs.pdf

- http://www.vivre-bio.fr/post32640.html

- http://www.franceagrimer.fr/content/download/19768/160203/file/DDG-AIDES-SAN-D-2012-33-poules-pond-VDEF.pdf

 

http://www.agri72.fr/bibliotheque_pdf/Infos%20Conseils/Elevage/Aviculture/poules_pondeuses_bio_travail.pdf 

- http://www.arehn.asso.fr/dossiers/agriculture_biologique/agri_bio.html-

 - rapport juillet 2003 de l’Afssa (agence sécurité sanitaire des aliments) « Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l’agriculture biologique » http://www.critt-iaa-paca.com/uploads/documents/Bio/Etude%20Afssa%202003.pdf

- http://rhone-alpes.synagri.com/synagri/pj.nsf/TECHPJPARCLEF/09274/$File/WEB-oeufs-bio.pdf?OpenElement


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maya 27/02/2013 23:53


Pas ete facile de te mettre un commentaire.


Merci bcp, je reviendrais lire plus tard pour me faire une idée.